mardi, 07 novembre 2006

shining

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Il est une conscience qui rend notre âme physique ; une présence qui nous lie et nous meut ; un médium qui nous fait nus.

Objet atteint sans visée dans lequel nous sommes en direct, immédiats, elle balaie nos acquis, nous rend sujets qui marchent, ouvre nos essences, nous fait voyants dans l'instant réciproque.

De cet instant qui n'a plus de temps ; de ce double mouvement sans ego, lequel éclaire nos yeux d'éther qui touchent, étreignent les faces concrètes, meuvent notre second corps dans l'espace ; la beauté et la poésie du périple, rehaussées de leurs symboles entiers, nus et bien réels, s'affirment au-delà des strates, se partagent d'un sourire vivant fasciné.

Ensemble. C'est voir. Nous nous enroulons. Loin...

Sous l'étoffe la peau et sous cet épiderme se cache un grand vent qui ébouriffe et cherche les nouvelles aspérités, qui retentit, nous désapproprie et nous engage, nous emmène - spéculaire - au centre de notre être dans un espace commun qui nous vit, nous tirent, nous tient, nous décline singuliers.

Voyage chromatique aux arcanes lumineux, route numineuse qui garde la finitude du toucher mais transforme le quotidien, le double de l'initiatique, tableau vivant des archétypes au beau milieu de la rue où rien ne nous appartient, le coeur au bord des mains et les yeux battant le plexus d'une aura verte, nous transbahutons nos semences, travaillons émerveillés - hypnotisés conscients - nous bâtissons son royaume.

mardi, 16 mai 2006

Une nuit

 

Et par-delà la cime des pins noirs se découpe le tranchant des montagnes. Il fait nuit à grande vitesse. Les sentiers qui s'entrecroisent défilent tels des lacets électriques. Une lumière nocturne s'en échappe. Une voix, un cri - sa chaleur - résonne écho semble devenir bruissement intime - sensible - du profond du gosier d'une chouette. L'ululement, lancé comme un défi, se détache du décor. Je suis la chouette. Je plane sans bruit. Le vent que je produis s'en va grandissant lécher les épines et le bois craque. Tournoiement céleste. Oxygène pur - hélium - gonflent mon coeur d'un délire ricanant.

Et puis la vallée urbaine... La pluie scintillante rythme ma folie qui s'humecte - électrique - d'élans profonds qui se déplacent, se meuvent telle la lave en coulée - sous-jascente lucidité palpable de plantes acrobatiques emportées. La pluie cinglante rebondit, cadre - bitume au ralenti - le choc, la goutte s'éparpille, s'ajoute. Flashes sur flashes d'images éclairées, d'égouts, de corniches et de trottoirs mouillés, déplacement spasmodique jusqu'au détour. Le bec en avant, les yeux remplis - étrangeté passagère - la rue aromatique, laissée à l'abandon, renferme des idées diurnes de marchés bousculés.

Mais l'heure est à son comble au creux du silence. Le désert mécanique qui bat des danses suspendues livre à mon échine une autre présence. Et je reprends l'envol au-dessus des lampadaires, je m'en vais aux alpages goûter le miel de ses fleurs endormies, des sous-bois anonymes et du ciel en bataille. J'y trouve là mon coeur empli ; dans le lait des étoiles se déploie une image pâle.

Et ce mystère, cette alchimie - souvenir ensoleillé où, grandissant, ma nature première s'éprouvait en un troublant passage quand immersion l'oeil émergeait - quand de mon autre retentissait le chant liquide de sa future calcination... Un trait d'enfance, un trait d'union, attrait, distance et déraison - en mon coeur qui palpite je retrouve cet instant que mes plumes arrondies stylisent. C'est le tabernacle sombre où gît un petit soleil.

Saisies de sonorités enfouies, mes paupières s'ouvrent à la lune mouillée de pluie. Suave la métamorphose, lente la transhumance qui me conduisent ici. Aux clapotis, aux bombes et bondes de la rivière qui tirent joyeusement sur notre appétit d'enfant ; à la douche d'un torrent qui lavent nos ego quand à y trouver abri nous suspendons nos masques au-dessus du feu pour les voir danser et croiser nos yeux ; au flux et fluides que nous gardons de l'eau quand simplement ensemble le mouvement reste intérieur ; et quand l'eau de tes yeux se poursuit d'un sourire - je sais qui je suis et ce sans lendemain.

Ma prière s'enfuit, s'enfonce plus dans la nuit. Blanches prunelles, pupilles solennelles, un noir de geais émane d'un regard de biais. Vision furtive, pensée hâtive, je laisse la vie m'emporter, ma conscience portée par son épreuve - visées visage stances et nudité. Des ruptures, des instantanés, des chicanes, des leurres, des rémanences, des prises noyées, des fluidités résiste un continuum...

Voilà que le ciel s'éclaircit. Eveillé jusqu'à l'aube. Les étoiles s'effacent. L'infini se charge en voûte du jour. Les lames roussies des nuages s'estompent de l'astre vif et des premiers chants. La rosée perle sur les versants, l'herbe est brumeuse. Les cabris dévalent les pentes. Au spectacle de l'éveil mes pensées régénérées fusent. Avec un élan fibreux - dégagé - j'y vois plus clair, je frise l'overdose quand le rêve me voit le vivre.

Devenu homme, je tends les bras au levant déjà aveugle, j'enlace le monde - mes pieds dans la rosée...

mardi, 07 mars 2006

Un extrait


 


Un extrait de : " Là où les ombres jouent "

mardi, 28 février 2006

Parterre vert d'oiseaux envolés

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L'aura verdie - dans sa présence - de la douce hécatombe de notre futur, nous pressentions l'intense beauté du lien - quand - à regarder derrière je tisse à nos transes une pensée pour deux.

L'aura vieillie - dans son futur - de la claire coupure en mon passé, je tiens toujours - quand - à regarder derrière tu tisses ton au-delà à mes pensées...

mardi, 07 février 2006

à l'encre de mon rêve

 

 

Là où les ombres jouent, sur le parterre jaune et vert, scintillant des cristaux rouges, des sucres lumineux et des chants lointains ; son pied bleu s'enracine, perpétue le souffle si tôt perdu - se décline en maints cris, en justes sonates - se trouble dans la brume fine et les subtils glacis.

Je me brime et je fume et subsiste un acide...

La terre me purifie et je me trouve entier couvant des cris d'amour, avec au creux des mains des transes telluriques.

vendredi, 04 novembre 2005

Ce visage

 

Aux quatre vents j'impulse au coin.
Des traverses simultanées, persiste l'inconnu présent
Et je souffle, et je souffle, souffle...
s'insuffle le murmure -

Un pan de montagne s'effondre - délivre la structure et d'ocres pigments - salis, rouillés - étayent le métal déchiré ; d'ocres encrages s'étiolent dans la cire des confins du rivage...
Une musique sourde, bleutée des fonds marins, si aérienne et silencieuse, se double des filaments dorés, retentit de la métamorphose ; au maelström - danse - des ombres salines...

Mais ni ruine ni hargne, la cime est là en transparence.
Montagne pleine en transhumance ; étrange et transe -
Ô mont tanne ma tranche, tranche ma trame...

mardi, 01 février 2005

La danse des essences

 

Mes carrefours inflammés s'épanchent au lent remulgue du diamant. La cristallisation de ses passages apaise la morsure de l'effroi parce que seul et sourd n'y est pas. L'oeil couchant entraîne mes points d'arrêt qui ne sont que parce que l'hanse est là.
Et lancé là - réuni dans l'unicité du stylite - ma conscience se transforme, se donne à la fantaisie du temps, la forêt se peuple étrange, les couleurs sont numineuses.
Les fauves sont nyctalopes et gardent les monolithes de la steppe, les montagnes boréales s'arrangent de la coupe du ciel et le sable blanc et fin embellit ma main d'enfant.
Mon sang d'absinthe - rouge toujours - réchauffe et enveloppe - phosphorescent, le trajet de l'écaille, calcinée de sa transparence - poisson rond de mémoire.

: "Nous enluminerons tes fonds.
Tu y verras tes signes. Tu y boiras..."

Alors je passe dans l'inventaire accéléré de mes enseignements où sans comprendre encore des images s'impressionnent de l'importance du venir.
Je reparais de mes habitudes possédé du crucial du prêtre dans le sacrifice et si calme, si bien tout à la fois.
Aux vapeurs laiteuses et fraîches du matin, quand le soleil s'achemine timide mais sûr, ma lumière s'affirme et participe à l'éveil - sans passé ni avenir, sans mémoire et pourtant conscient du cheminement - sans désir.
Et quand le zénith chauffe ma nuque, c'est mon nadir qui s'interroge, qui s'attend et je me tends encore vers l'horizon mais l'horizon interne - où - suivant mes propres traces je jouis des retombées, parce qu'indirecte est la connaissance ; écho, la danse des essences...

dimanche, 23 janvier 2005

Et la vie

 

La lumière comme cigale hyper accélérée
Un feu perçant et calme
Et la vie...

Des alvéoles aux mille arbrisseaux éclaboussent la toile à mon dos.
La nature me pousse encore aux confins de mon nez où perle mon zodiaque.
L'envers du diamant chatoie où je ne suis pas.
L'étoile au coin repousse ou traverse et je prie silencieusement.
- Disparate tirée - mes limites s'affaissent et mes ailes d'éther s'étirent, je suis le cosmos qui pointe d'un visage, ses linéaments cernent mes yeux du mirage et les couleurs palpitent, mon coeur mousse du sel des traverses joyeuses.
Je regarde derrière - flottant de mon père - et l'appel à mon dos se fait plus fort, les traînées de mes yeux étreignent les jetées dans le ciel portuaire ; je bois au calice le sang et la porte m'ouvre son fabuleux présent - ma course explose dans l'éternel instant...