lundi, 17 janvier 2005
Patchwork

Avions illogiques, points clignotant, derniers soubresauts de l'animal agonisant, ombres essuyées et sensations creusantes, mes vérités riantes s'insufflent de ton murmure. L'esprit est rond quelque part - n'importe où. Le scribe de ton mirage grise l'ode d'une façon légère ; déchire néanmoins l'astre figuré dans les souterrains du jaillissement de l'homme bleu - ma différence innée de séquelles en séquences - qui se consume du pli du destin. Depuis les ondes saccadées qui travaillent mes yeux dans un espace suspendu mais sans intégration, des bulles en pluie fine ébauchent pourtant la chance du trouble. Les masques n'y résistent pas et l'envolée des remparts se glisse au centre.
- Un ermite pieux et sage honorerait ces lieux; dans l'esprit un passage édifierait ce voeu -
De mes yeux froids, figés, remontent alors une brume en nappes ondulantes et mon âme plus réelle - inexorable vent - axe la trêve dans ma chair et mon sang.
Vertige qui reconnaît la trace bleutée des pétales du feu, l'offrande, dans ses intonations, influence la poussière de mes yeux dans un larsen parsemé. Mon regard glisse sur la rampe du sommeil inversé, le vertige est tout nu et des ailes ont poussé.
Et, quand l'aube claire parvient jusque là, l'effervescence des ludions défilant - brisés et polymorphes - dans le hublot d'un kaléidoscope, ces remous d'intempéries - dégradés très précis - s'estompent de péripéties subjugantes et le gazouillis d'un oiseau rend la vie plus présente.
Nuit d'ensemble, voyage d'alentours, absorbé tout entier, accroché dans mes nerfs, le vent distille l'alcôve. Son bruissement secret transpire dans la confidence des profondeurs. Une flopée de papillons phosphorescents s'en élève céleste et se fond dans le décor humain où mitraille, putscing-ball de mes idées, éruption mobile et joie se défoulent.
L'existence d'un allié des cimes fines jusqu'aux racines où sa poussée brille du rayon bleu de lettres alambiquées dans un trajet rapide, où son étrange manière me traverse dans le tourbillon dédale des laps du temps, où son intime clarté dans la mémoire achevée du plérôme tranchent les liens de mon entendement - le défient - obnubile la cuve de mes pressentiments parcourue par la foudre d'élans d'éclairs et de rires où le frémissement en chaîne de la marée au galop impressionne le sable d'un sabot sans bornes, hydrocute la plage souterraine de mon histoire dans le son tubulard et fibreux d'un sax qui fuse.
L'oreille saisit et regarde vers les étoiles, ton image m'assiège dans le réel reflet des racines étirées et mes cheveux balancent.
Eparpillé, en désordre, le ciment du ciel au bitume renverse la course : je reparais en sourdine et ta vision tranchante sans ponctuation redresse mes épaules, atteint mes sinuosités, engendre mon socle.
Voltige aux ascenseurs, voltige genoux encerclée de bras, dans le clair obscur d'un corps sur lequel la lumière étreint les contours, mes yeux comme hiéroglyphe égyptien se détachent aveugles et ton ballet d'aube transfigure mon regard quand les étoiles s'effacent.
Branché sur le matic, l'élasticité de ton ange ou démon se délie aux pierres de mon achoppement dans un râle en reverb, dans une allée de rêves que tisse la trame filante des échos de trace des comètes qui s'effilochent - roides, de leur spirale... Le conflit s'étiole, se répand et s'absorbe - un autre axe : la liberté des phalanges et des caresses onglées, le goût de vivre dans son éternel amoncellement, son inexorable approche pâlissant de vertes nacres au concret ressenti de l'épingle de l'ouvrage, rougissant d'aise de la foire aux anges délaissés de l'oubli.
De sentir échapper que demain davantage, cette lucidité au débit macrophage - ce trait d'union - s'enfonce dans la douche du torrent des prières où la voûte ensoleillée du ressenti d'hier indique à mon être qu'il se situe justement là : au paradoxe de l'ébauche là où mon être, entaché du carcan minotaure, se soulevant du harcèlement des carrosseries humaines, fouette le sol de la clé pour entamer - au delà de l'angoisse androgyne - un surcroît bossu tendant vers l'unicité, l'échafaudage fugace du fil de la conjonction des contraires.
Et par delà la cime des pins noirs se dessine le tranchant des montagnes. Fugaces eux aussi, les trottoirs mouillés se déplacent spasmodiques jusqu'au détour. Et, malgré une étrangeté passagère qui découpe le comble des sentiers dans des fascines-mystère, dans le cheminement souterrain le centre est pesé et creusante la cerne limitée.
Douleur rongeante, cette balafre à mère gonflée par son propre feu, cette blessure de brume imprégnant mon corps de buvard, cette attente paralysée par un soleil timide, cette maladie de l'âme sans reflets sans nuances dans le noir jaillissant - altère - mes chemins stratifiés floués d'énigmatique emprunt où pointe malgré tout l'oraison vraie d'un duel intime qu'un jour je me dévoile - convaincu éprouvé - où le soupir rougeoiera mû d'ondes renforcées rétrospectivement par les images préscientes des rides de mon épiderme - où ma réalité s'inscrira dans la pierre, où mes diamants s'y feront lumière.
Fleur dans les décombres, laisse-moi déployer cette pleine conscience !
- quand, zonant dans l'immense vacuité sans sève tu apportes un vent de structure qui sculpte le corps d'un élan où mon bleu s'étire dans l'étreinte myrtille chuchotant au souffle tranquille une énergie d'amour ,
- quand tu appréhendes les remous nuageux d'un corps transbahuté sans un cachet de cire ;
alors collines et vallées tombent en cascade, farfadets et lutins dansent, le piment s'enflamme en rafale et la verve déferlée se liquéfie à mes bourgeons gantés pour m'en rendre plus solide et faire transpirer, enfin luire mon arborescence où perle déjà une saveur déshabillée !
22:25 Ecrit par Alexis DUVAL dans épars | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note






Commentaires
Les textes que je trouve ici sont assez hermétiques mais très bien écrits. On aurait envie de connaître votre avis sur le monde qui vous entoure, vos lectures, vos opinions...mais peut-être n'est ce pas le but de ce blog
A suivre...
Ecrit par : Un passant | mardi, 18 janvier 2005
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